Zepherine McLaren

Le Mermaid of Carriacou sous voiles au milieu des années 1960
Le Mermaid of Carriacou sous voiles, au milieu des années 1960. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.

Charpentier de marine à Windward, mort le 29 décembre 2009. Son nom apparaît sous au moins cinq graphies selon les sources — McLaren, McClaren, MacLaren, McLawrence. Ses proches l’appelaient « Zeph ». Sa date de naissance ne figure dans aucune source consultée.

Zepherine McLaren photographié à Windward
« Zeph et moi à Windward ». La source ne précise pas lequel des deux hommes est le charpentier. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.

C’est à Bill Cameron, enseignant anglais arrivé à Carriacou en septembre 1967, que l’on doit l’essentiel de ce que l’on peut voir aujourd’hui de Zepherine McLaren et de son chantier. À sa mort, il écrivait qu’il emportait avec lui « une somme de savoir-faire sur les techniques vernaculaires de construction navale employées à Carriacou ».

Dernière photo de Zeph McLaren et de son fils, en 2008
« Dernière photo de Zeph McLaren et de son fils », prise en 2008, un an avant sa mort. La source ne précise pas lequel des deux hommes est le charpentier. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.

Le pari de Linton Rigg

Au début des années 1960, la construction navale de Carriacou est en train de mourir. Les moteurs hors-bord, les cargos modernes et la fibre de verre rendent les sloops de travail inutiles. Les chantiers de plage de Windward se vident.

C’est alors qu’entre en scène J. Linton Rigg, yachtsman jamaïcain installé à Carriacou. Son plan est d’une simplicité redoutable : commander à un charpentier local un sloop conçu pour être rapide, puis offrir publiquement une prime de 500 dollars des Caraïbes — une somme considérable — à quiconque construirait sur l’île un bateau capable de le battre. Le charpentier qu’il choisit est Zepherine McLaren. Les deux hommes travaillent sept mois ensemble.

Le Mermaid of Carriacou

Les membrures du Mermaid dressées sur leur quille à Windward
Les membrures du Mermaid, dressées sur leur quille à Windward — l’ossature avant le bordé. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.
Le Mermaid sur ses tins, entouré de son équipe de constructeurs
Le Mermaid sur ses tins, coque bordée, mât dressé à côté, entouré de son équipe de constructeurs. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.

Une fois la coque terminée, il restait les voiles. Elles étaient étalées et cousues sur la pelouse du jardin de Linton Rigg, à « Tranquility », face à la mer.

Les voiles du Mermaid étalées et cousues dans un jardin face à la mer
Les voiles du Mermaid étalées et cousues dans le jardin de Linton Rigg, à « Tranquility », au sud de Windward. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.

Le pari gagné

La première Carriacou Regatta a lieu sept mois après le lancement. Le Mermaid gagne. Et il continue de gagner : sa classe pendant neuf années consécutives selon les sources, Zepherine McLaren lui-même remportant les trois premières éditions. Il a fallu des années avant qu’un bateau construit localement parvienne à le battre.

Zepherine McLaren à la barre du Mermaid
« Zepherine McClaren et Que Que à bord du Mermaid » : le constructeur à la barre de son bateau. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.

Mais le vrai résultat du pari n’est pas là. À force d’essayer de battre le Mermaid, les charpentiers de Carriacou se sont remis à construire. La régate est devenue annuelle, les sloops ont recommencé à naviguer dans toutes les Petites Antilles, et la construction navale est redevenue un métier respecté sur une île qui n’avait guère d’autres ressources. Tous les bateaux évoqués ailleurs sur ce site — ceux des Compton, ceux d’Alwyn Enoe — descendent de ce sursaut.

Ce que le bateau est devenu

Linton Rigg meurt à Carriacou en 1976. L’année suivante, un Américain apprend que le Mermaid est à vendre, et pour pas cher : sans moteur, trop grand pour pêcher et trop petit pour le fret, personne n’en veut. Il l’achète, au grand amusement des marins de l’île, et vit à bord depuis — le faisant toujours naviguer sans moteur, du Maine à l’Amérique du Sud. Au fil des ans, plus de trente-cinq bordages ont été remplacés, dont l’étrave, le tableau arrière et les galbords.

Le propriétaire du Mermaid à bord de son bateau en 2003
Le propriétaire du Mermaid à bord, en 2003. Photo Bill Cameron / blog Carriacou 1968.

Dieu ne déduit pas de notre espérance de vie le temps passé à naviguer.

Plaque fixée au-dessus du capot de descente du Mermaid

Sa place

En janvier 2024, recevant la Médaille de l’Empire britannique, Alwyn Enoe a cité Zephrine McLaren parmi les maîtres qui n’avaient jamais été honorés de leur vivant.

Ce qui reste à établir

L’année de construction du Mermaid. La plupart des sources situent le bateau au milieu des années 1960. En 2016, un charpentier de Windward affirmait pourtant à un journaliste que son cousin l’avait construit en 1996. Aucune source ne permet de trancher.

Ses autres bateaux. C’est la lacune la plus frustrante. Bill Cameron écrit que « ses navires naviguent encore dans les Caraïbes » — au pluriel. Aucune source consultée n’en nomme un seul autre.

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Contact — Zepherine McLaren

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